Par Michaël
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De 1932 à 1938, Jean Bruller se penche sur la condition humaine et son incessante valse. Sous le titre des Relevés trimestriels, il publie seize
séries de 10 planches, soient 160 estampes, fruit de son imagination et de sa maîtrise de la gravure sur plaques de cuivre. Petites ambitions des uns, médiocres vanités des autres, espoirs déçus
des anciens et rêves impossibles des jeunes, sont ainsi révélés dans la noirceur de son trait. Résigné et désabusé, l’auteur promène son regard sombre sur la société des années 30, effleurant les
désirs inavoués, égratignant les castes, piétinant de l’œil ces insectes remuant. Et si la mort rôde entre les âmes, si la finalité de la terre est écrite, Jean Bruller ne peut refreiner un
sentiment d’humanité et de compassion pour ces êtres condamnés.
Par Michaël
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« Il est peu de personnes qui ne regrettent de n’avoir pu choisir le lieu, l’époque et les
circonstances de leur naissance. Or, il a été donné à l’homme le pouvoir de mourir, s’il le veut, quand il lui plaît, où il lui plaît, et comme il lui plaît. Or, loin de profiter d’un avantage
aussi merveilleux, non content de laisser, par une surprenante paresse, le hasard se substituer à sa volonté, il dit des sages qui osent attenter à leur vie qu’ils sont fous, et les accable de
son mépris. Cela dépasse l’esprit ! Conçoit-on un dîneur aui, après avoir soigneusement composé le détail de son menu, confierait le choix de l’entremets et le moment de le servir au goût de
son cuicinier ? Cela semblerait extravagant.. »
Jean Bruller, 21 recettes pratiques de mort violente.
Les 21 recettes pratiques de mort violente sont nées dans l’esprit de Jean bruller à la suite d’un échange
affectueux avec Yvonne Paraf. Le dessinateur amateur mettait en scène les multiple façons, pour un amoureux éconduit, de mettre fin à sa vie. En 1926, ces « dessins fantaisistes »
deviennent une affaire sérieuse. « Pressé de toutes parts de montrer le recueil à un éditeur », Jean Bruller parvient à éditer lui-même ce qui restera comme sa première
oeuvre.
Sommet de l’humour noir et du cynisme, les 21 recettes font de l’art du suicide un vaste objet de ridicule. Les
textes accompagnant les dessins sont d’une ironie souveraine et souligne encore l’humour de ces mortelles situations.
Par Michaël
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